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Affichage des articles du mars, 2020

L'aigreur de l'Aïkido

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Il arrive régulièrement que l'on rencontre des pratiquants déçus par l'Aïkido. La discipline n'a pas correspondu à leurs attentes, leur idéal de pureté a été floué par un professeur ou des pratiquants n'incarnant que l'expression d'un ego surdimensionné...
Cela est certainement malheureux, car nombreux sont ceux qui ont néanmoins pu goûter les bénéfices de cette pratique.

Aussi, on se retrouve souvent à blâmer les « mauvais professeurs » et les « pratiquants ineptes » qui n'ont « rien compris au film ». Il me semble, a contrario, que ces derniers expriment simplement une faille qui existe dans l'Aïkido. Cette faille est purement mécanique : les techniques de l'Aïkido ne fonctionnent pas !


Toutes les techniques ? Non ! Seulement certaines. On peut même dire qu'en fait il ne s'agit pas des techniques, mais de la manière dont elles sont effectuées. En somme, la forme ou le style sont cruciaux. Il y a mille façons d'effectuer ikkyo. D'une cert…

Arikawa Sadateru, le maître de l'ombre - par Jean-Marc Chamot

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J'aimerais revenir sur la personnalité d'un de ces personnages discrets qui ont souvent joué des rôles considérables dans l'histoire de l'Aïkikaï de Tokyo, à savoir Arikawa Sadateru (1930-2003).
Lors de mes visites au Japon dans les années 80, je n'avais malheureusement jamais trouvé le temps d'assister au cours du mercredi que cet expert –à la réputation de pratiquant pour le moins « rugueux »– donnait à la maison mère où il avait commencé à pratiquer en 1948. Aussi, lorsqu'au début des années 90, Gérard Gras, Président FFAB de la Ligue d’Île-de-France, a proposé de l'inviter par l'entremise de Stéphane Benedetti, j'ai été ravi par la perspective d'avoir enfin la possibilité de suivre son enseignement. Je n'ai pas été déçu car Maître Arikawa s'est véritablement révélé conforme à sa réputation de personnage original. Il était de taille moyenne –celle d'un japonais de sa génération– mais très solidement bâti. Sa chevelure formait…

En Aïkido, doit-on être fort ?

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Voici un article de fond écrit par mon ami Rémi Nahon. Je l'ai sollicité pour écrire pour Dragon Magazine autour de la thématique de la force. Rémi est un jeune pratiquant talentueux que j'ai rencontré au dojo de mon père il y a déjà plusieurs années. C'est un chercheur acharné qui s'appuie sur sa pratique de la méthode scientifique pour aller au-delà des apparences. Ses réflexions pertinentes m'inspirent toujours. Si nos sempaïs nous stimulent parfois, cela peut aussi être le cas de nos kohaïs ! Je suis certain que vous trouverez là matière à réflexion.
L’Aïkido est l’une des rares disciplines physiques dont beaucoup prétendent qu’elle ne repose pas sur les capacités athlétiques ou la force musculaire de ses pratiquants. Ainsi la question « Doit-on être fort en Aïkido ? » semble n’appeler qu’une évidente réponse négative. Nous allons toutefois, à travers cet article, tenter de réfléchir à différents sens que peut revêtir le fait d’être fort et aux raisons pour lesq…

Aïkido et domination alternée

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Aïkido et domination alternée

Si l'on exclut certains courants, tels que le Yoshinkan de Shioda Gozo ou encore le Shodokan de Tomiki Kenji, l'Aïkido est une discipline non compétitive.
Nous trouvons généralement cela fantastique : enfin une discipline où les pratiquants peuvent se consacrer uniquement à l'art, pour l'art, sans avoir besoin de le dévoyer en s'entraînant en vue d'un bon résultat sur un podium ! L'absence de compétition est souvent un argument marketing. Pour autant, même dans des disciplines où la compétition existe, tous les pratiquants ne sont pas des fous furieux à la recherche d'un point ou d'un signe approbateur de l'arbitre. S'il existe dans les arts martiaux traditionnels des adeptes qui refusent de passer des grades, il existe dans les disciplines compétitives des pratiquants qui refusent de faire de la compétition.
Il me semble donc oiseux de considérer que les personnes à l'état d'esprit compétitif ne font pas d&…