Agir en amont pour ne pas heurter

Il est courant de lire, ou d'entendre, que le plus haut niveau de pratique artistique s'exprime par une "action non-agissante", une sorte de "laisser agir". Le danseur ne danse plus, il est dansé. Le musicien ne joue plus, la musique joue à travers lui... À les regarder, cela semble naturel et fluide.


De la fluidité
Il est difficile de laisser ce "quelque chose" s'exprimer à travers son être. Cela nécessite une maîtrise et une intégration technique, mais aussi une forme de relâchement, de présence à l'instant, de confiance en sa technique pour la laisser s'exprimer pleinement.

Les Art Martiaux étant, par essence, des pratiques d'opposition, cet état de fluidité est difficile à atteindre.
Bien sûr, la pratique sous forme de katas devrait nous permettre de développer cette qualité. Encore faut-il que le partenaire permette, sans complaisance, ce travail, mais il s'agit là d'un autre débat...


Agir en amont
Souvent, notre compréhension technique est directement liée au résultat que nous avons perçu : "il lui a pris le bras comme-ça, et l'autre est tombé comme-ci".
À mesure que nous progressons, nous prenons généralement conscience que la technique fonctionne parce qu'il s'est passé quelque chose "avant".

Avant que la projection ne s'effectue, le corps de Uke était déjà déséquilibré. Avant que Uke ne soit déséquilibré physiquement, il a été perturbé "psychiquement". Avant que Uke n'attaque, Tori a déjà pris un ascendant, etc. , etc.

On peut remonter loin dans cette chaîne de cause à effet. On peut supposer que plus longue sera la chaîne, plus fort sera l'effet de levier... et plus facile sera la technique.

En somme, traiter les problèmes en amont, lorsqu'il sont relativement facile à gérer, représente un pas vers la fluidité.
Cela revient à prévenir, plutôt que s'escrimer à guérir.
Libre à nous de percevoir à partir de quand agir !


Il est plus facile d'aller chercher de l'eau au ruisseau naissant qu'au torrent bouillonnant.